Tout le monde connaît l’anathème que Baudelaire a jeté sur l’invention de Daguerre. Mais il y avait aussi Barbey d’Aurevilly, Léon Bloy, Catulle Mendès, Octave Mirbeau, Jules Verne, Émile Zola, etc. Décriée, vilipendée, la photographie fut véritablement haïe par les écrivains du XIXe siècle. Or, cette haine et cette méfiance ne prenaient pas toujours la forme d’un article théorique. C’est dans la fiction que s’élabore la vraie réception de la photographie. On y trouve le photographe professionnel, héros sombre et rusé, ou simple polichinelle. On y trouve le photographe amateur, sujet héroïco-comique par excellence. Ou le client, summum de la bêtise humaine et du narcissisme. Il y a le portrait photographique, doué d’animisme, qui féconde les femmes, capte l’âme des vivants et des morts, désigne le coupable, etc. Alors que désormais la photographie est au musée, il est bon de reprendre le fil de son histoire sous le prisme truculent et critique de ces auteurs d’époque.