La bibliothèque idéale de LAMIA ZIADÉ

Ma Très Grande Mélancolie Arabe – Un siècle au Proche-Orient (P.O.L 2017) – Rencontre avec Lamia Ziadé autour de son dernier livre.

Dans ce livre, il y a des ruines et des martyrs, il y a des résistants tués, des révoltés abattus, des leaders assassinés, des enfants massacrés, des nationalistes pendus. Il y a des prophètes, des dieux, des vierges, des archanges, il y a des victimes et des assassins. Il y a aussi des citadelles, des basiliques, des mosquées, des minarets, des miradors, des barbelés, des carcasses d’hôtels, des camps et des prisons. Et des détenus, des captifs, des séquestrés, des torturés. Il y a des condamnés à mort. Il y a des miliciens et des dictateurs, des fidayins et des moudjahidins, une infirmière kamikaze, une miss Univers et un prince rouge, des émirs, des sultans, des pachas et des poètes. Il y a du sang, des soupirs, des larmes, des bris de verre, des décombres, la désolation, l’exil, l’agonie, la tragédie, le deuil. Des couronnes, des fleurs, des rubans, des chants, des youyous. C’est une danse macabre. Il y a un siècle au Proche-Orient.

Une fois par mois, ThalieLab qui constitue sa bibliothèque, invite des personnalités à venir parler de leurs rapports aux livres et à proposer leur bibliographie idéale, qui viendra agrémenter les salons de la fondation pour en faire une bibliothèque partagée, à la fois intemporelle et marquée par l’époque.

Entrée libre

 

A l’issue de cette rencontre, Lamia Ziadé a laissé pour la bibliothèque en devenir de ThalieLab cinq ouvrages

  • Le royaume, Emmanuel Carrère, éditions P.O.L (un livre contemporain)
  • Jane Eyre, Charlotte Brontë (un classique)
  • Les fleurs du mal, Baudelaire (de la poésie ) (collection pocket, préface de Jacques Perrin)
  • Sauve qui peut Madrid de Kiko Herrero, éditions P.O.L (un livre d’amis)
  • Beyrouth centre-ville, avec un texte de Claudine Nougaret, Raymond Depardon (un livre d’images)

A la recherche de la bibliothèque idéale, par ThalieLab

Et si Dieu existait, il serait une bibliothèque (Umberto Eco)

Raymond Queneau entreprit le savant travail de dresser des listes de livres à inclure dans une bibliothèque. L’écrivain Alberto Manguel d’écrire une histoire de lecture, qui n’a pas seulement « la faculté d’abolir le temps et de traverser les époques : elle a également le pouvoir de nous faire nous sentir plus humains, c’est-à-dire moins sauvages et plus en accord avec l’humanité », ajoute James Salter dans son avant-propos « Des bibliothèques pleines de fantômes » de Jacques Bonnet.

A l’ère de la dématérialisation, l’accès la connaissance se voit bouleversée. Par l’immédiateté d’une quantité d’informations, le lecteur potentiel devient consommateur, sans plus avoir le plaisir de la recherche, l’effort de dénicher le livre de sa quête, humer l’encre du papier, caresser l’objet et savourer le moment où il pourra lui trouver sa place dans la bibliothèque.

Interrogeons-nous sur ce que nous lisons, sur ce que nous devrions lire, sur ce dont nous nous souvenons et au final de l’utilité de tout cela ?
Pourquoi acheter des livres et comment les classer ?
Par ordre alphabétique ? Par thématique ? Par format ?

Comment hiérarchiser cette connaissance et la transmettre aux générations futures ?
Pourquoi conserver des livres déjà lus ?
Comment expliquer cette notion de sacré autour d’une bibliothèque ?

Et quels ouvrages à sauver si elle venait à disparaître ?

Une fois par mois, ThalieLab qui constitue sa bibliothèque, invite de fervents lecteurs à venir raconter leurs rapports aux livres et à leur bibliothèque, et à proposer leur liste qui viendra agrémenter les rayons de la fondation pour en faire une bibliothèque partagée ! Tels des signataires d’une bibliothèque idéale en cours de constitution

Alimentée par des galeristes, des curateurs, des collectionneurs, des designers, écrivains, éditeurs,…
La bibliothèque de ThalieLab s’enrichira du passage de ces personnalités.

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