La possibilité d’un rêve, des hommes en trop, une île, de PHILIPPE TERRIER-HERMANN

En 2016, Thalie Art Foundation a co-produit le film de Philippe Terrier-Hermann, La possibilité d’un rêve, des hommes en trop, une île, pour lequel les recherches de Smaïn Laacher ont largement alimenté son écriture.

Dimanche 28 janvier, BOZAR diffusera le film de l’artiste à 18:00. La projection sera suivie d’une discussion entre l’artiste et le sociologue.
Adresse : Rue Ravenstein 23, 1000 Bruxelles

La possibilité d’un rêve, des hommes en trop, une île
Film de Philippe Terrier-Hermann, scénario en collaboration avec le sociologue Smaïn Laacher
67’
Avec Gabrielle Lazure, Tanya Lopert, Judith Magre, Mireille Perrier, Nathalie Richard, Pascal Amando, Julien Béramis, Corentin Fila, Nessim Kahloul et Mehdi Meskar.
Avec le soutien du Centre Pompidou, Paris du Pôle image Haute-Normandie et de Thalie Art Foundation, Bruxelles

À l’image d’un tribunal octroyant un droit au sol à des corps en apesanteur, cinq figures féminines récoltent en visio-conférence les témoignages de clandestins. Ces récits en disent long sur l’impérieuse nécessité, même en situation de détresse et de grande dépossession, de retrouver des gestes familiers, ceux qui encadraient naguère les pratiques routinières : cultiver la terre, récolter, cuisiner, chanter, se rencontrer… Le lieu de rencontre, une île, leur permettra par un retour à la terre, à la simplicité des gestes et des sentiments, de se retrouver dans des habitudes que le voyage a brisées. Car même quand on n’a plus rien il reste encore soi.
Une île, la Sicile, un espace métaphorique et symbolique

Ce film est composé de deux parties, la première particulièrement discursive avec une proposition assez conceptuelle de rencontre entre deux mondes par caméra interposée interroge la question du récit de migrants et sa réception par des femmes occidentales. La seconde partie, l’épilogue, va plus loin, elle propose une réelle rencontre dans un espace symbolique mais bien réel, une possibilité de dénouement.
Cette rencontre se déroule dans une ferme alternative située dans une réserve naturelle littorale en Sicile. Ce lieu est un ilot sur une île et comporte en cela son espace métaphorique et utopique. La Sicile est au centre de la Méditerranée, géographiquement africaine et politiquement européenne, sa culture est un savant métissage. Cette réserve naturelle, comme la Sicile a été traversée par de multiples peuples dans son histoire, elle est italienne depuis 150 ans et est devenue une des portes d’entrée de l’immigration illégale en Europe. Cette terre fut pourtant phénicienne, grecque, arabe, normande… mais la loi n’autorise pas l’allochtone à s’y implanter, tout comme on arrache les plantes exogènes de la réserve. Le figuier de Barbarie et la mandragore ont eux, par contre l’autorisation d’y séjourner car ils sont considérés comme familiers…

La question de l’accueil des migrants en Europe génère souvent des questionnements et des polémiques stériles. A contrario, l’exemple de Riace, un village de Calabre de 1500 habitants a accueilli il y a plus de 10 ans plus de 400 migrants et a ainsi pu faire revivre son économie et sa vie sociale.
Cette ferme et son cadre idyllique dans le maquis sicilien est le symbole d’un projet de retour à la terre, à un mode de vie qui implique des circuits courts et des solutions simples. Cette nouvelle communauté s’installe dans un mode de vie rural, travaux agricoles, ramassage du bois, préparation de la terre, aménagement de la ferme, cueillette, transformation, cuisine et chants.

Philippe Terrier-Hermann (France, 1970)
Après des études de photographie à la School of the Art Institute of Chicago, il réalise son premier travail, Intercontinental 1996-2000 à la Rijksakademie à Amsterdam. Son travail se déploie sous la forme de vidéos et de photographies, qui ont en commun la volonté de mettre en évidence nos fascinations et nos conditionnements envers certains archétypes.

Professeur de sociologie à l’université de Strasbourg, Smaïn Laacher est aussi directeur du centre Constructions de l’Europe, mobilités, frontières. De 1998 à 2014, il a été juge assesseur représentant le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à la Cour nationale du droit d’asile, à Paris. Il est spécialiste des questions relatives à l’immigration et aux déplacements forcés de populations. Il nous parlera de son nouveau livre «  »Un Sociologue àa la Cour nNationale du Droit d’Asile » »  qui sortira en mars prochain chez Gallimard.

Avec le concours de :

 

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