La mémoire des glaciers, Zone Yonaguni, Si les heures m’étaient comptées de ANGELIKA MARKUL

Projection de trois films suivie d’une discussion en français avec l’artiste modérée par Victor Mazière. 

La mémoire des glaciers (2017) 10’51’’
La mémoire des glaciers est un mythe aux confluences de la science et de la fiction, premier volet d’une trilogie de l’origine et l’existence de l’homme jusqu’à son évolution. Le film a pour point de départ la découverte de la comète Tchourioumov-Guérassimenko, comète qui pourrait contenir une explication sur l’origine de la vie sur terre et raconte le tragique effondrement d’un glacier au Sud de la Patagonie évoquant les amputations d’un corps gangrené. La Mémoire des glaciers poursuit une réflexion entamée depuis plus de dix ans autour des questions de mémoire, des corps et des lieux, de la destruction et du cycle de la vie.

Zone Yonaguni (2016) 19’47’’
Un continent perdu ou l’oeuvre des mains de l’homme ? La thèse arguant que le monument de Yonaguni est l’oeuvre de la main de l’homme stimule l’imagination. Les affirmations ont émergé attestant que ce fragment de continent perdu était la terre mythique des Mu. En 1986-87, sous les eaux des côtes de l’ile japonaise de Yonaguni, une pierre de la taille d’un immeuble fut découverte d’une longueur de 250 mètres et d’une hauteur de 25 mètres, ressemblant à une pyramide à degré. Dans les études ultérieures, de petits objets furent découverts : une pierre en route circulaire, une sculpture ressemblant à la tête d’un homme et une autre à une tortue géante. Le complexe ressemblait à une petite ville, où la pyramide, appelée le Monument, pourrait avoir la fonction de citadelle. Du moins c’est comme cela que le professeur Masaaki Kimura, physicien de l’université de Ryukus, interprète sa découverte. Il affirme aussi que le complexe a été créé il y a 10 000 ans, quand cette région n’était pas ensevelie sous les eaux. Un autre géologue, Robert Schoch, professeur de l’université de Boston, après la mise en oeuvre de tests sur le site, a défié l’affirmation que les objets étaient produits de la main de l’homme, les voyant comme des pures créations des forces naturelles. La controverse n’a toujours pas été résolue dans le monde scientifique.

Si les heures m’étaient comptées (2016) 11’47’’
En avril 2000, pendant une promenade de routine à 300 mètres en dessous du sol dans la mine de plomb et d’argent de Naica au Mexique, deux mineurs font une surprenante découverte. Ils ont accidentellement creusé à l’intérieur d’une cave, et ce qu’ils virent les laissa sans voix. La grotte était remplie de cristaux, le plus large était de de 11 mètres de long et 5 mètres plus haut que ceux trouvés lors de découvertes antérieures. On pense que ces cristaux géants commencèrent à cristalliser il y a entre 500 000 ans et 200 000 ans. Les conditions létales l’emportent dans cette grotte – la température varie entre 45 et 50°C et l’humidité atteint 90-100%. Un groupe de scientifiques de différents domaines ont formé le projet Naica pour proposer des possibilités d’explorer le passé, qui s’ouvrait avec la découverte de la grotte. L’un des principaux but était de chercher des formes vivantes primitives. Les cristaux, résultat du retrait de l’eau dans la grotte, étaient exposés aux risques de disparition dû aux changements de conditions. C’est plutôt facilement, cependant, que la mine cessera les coûteux pompages des hectolitres d’eau, reconstituant les conditions originales de la grotte et fermant l’accès à l’intérieur de celle-ci. Ceux qui ont visité la grotte aux cristaux, décrivent leur expérience comme une rencontre avec quelque chose de surnaturel. L’extraordinaire beauté et les conditions mortelles déterminent l’expérience incroyable et plus spécifiquement, permettent un chemin pour atteindre les limites de survie à la fois biologique et esthétique.

Angelika Markul (1977) est une artiste franco-polonaise, basée à Paris. Diplômée de l’école nationale des Beaux arts de Paris (ENSBA), section multimédia dans l’atelier de Christian Boltanski, sa pratique artistique s’intéresse à des lieux disparus, méconnus ou dangereux. Elle a récemment reçu le Prix Coal 2016 qui récompense un artiste pour son travail associant art et environnement. Elle est aussi la lauréate du Prix Sam Art 2013.

Victor Mazière (1971) est un critique d’art indépendant français (théorie esthétique, art contemporain). Il est membre de C-E-A (Commissaires d’Exposition Associés).

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