Présentation de l’ouvrage A comme Boa (une édition Thalie)

En présence de l’artiste Agnès Thurnauer, de l’auteur Tiphaine Samoyault et de Nathalie Guiot, Présidente de la fondation Thalie et de ThalieLab à Bruxelles.

La fondation Thalie est à l’initiative de la publication de A comme Boa, recueil de poèmes visuels et textuels de Agnès Thurnauer et Tiphaine Samoyault autour de la sculpture Matrice de l’artiste.

Tiphaine Samoyault est écrivaine, critique et professeur de littérature française et comparée à l’université Sorbonne Nouvelle – Paris 3. Récemment, elle a publié une biographie très remarquée de Roland Barthes aux éditions du Seuil dans la collection Fiction et Cie.

Agnès Thurnauer est artiste. Ses tableaux et sculptures traitent de la question du langage. Elle a exposé dans de nombreux centres d’art et musées, en France et à l’international. Elle a publié certains de ses textes notamment dans la collection Ecrits d’artistes aux Beaux-arts de Paris et collabore régulièrement avec des écrivain-e-s, philosophes et poètes.

Mon projet Matrice met en œuvre le langage comme espace et comme potentialité. La lettre existe par le creux formé à l’intérieur des morceaux du moule. Ces morceaux étant plus ou moins disjoints- selon qu’on déploie ou resserre la sculpture- l’espace du langage y est ouvert, praticable au gré des déambulations. Car la lettre évidée ouvre sur tous les agencements possibles. Matrice/sol est à l’échelle du regard, Matrice/assise à l’échelle du corps.  À l’inverse d’une définition qui enferme et cloisonne, Matrice propose le langage comme investigation, polyphonie, corporalité, lieu de rencontre. A la manière des forums grecs, Matrice milite pour une place du langage dans la société- une place ouverte à toutes les langues.

Je connaissais et admirais le travail de Tiphaine Samoyault, ayant lu il y a quelques années La main négative, qui m’avait beaucoup marquée sur cette question du faire et du savoir. Puis j’ai lu Bête de cirque, et la biographie de Roland Barthes, qui est une grande traversée de la langue. Barthes qui disait : « le langage est une peau, je me frotte à lui ». Il y a bien sûr dans Matrice ce rapport à l’autre. Barthes parle aussi de la langue qui déterritorialise en territorialisant. Matrice pose le langage comme socle et comme sol.

A comme Boa, le texte que Tiphaine a écrit pour notre livre, m’est apparu comme la solarisation des images. Il n’y pas d’illustration réciproque, il y a l’empreinte du même, dont la moité s’exprime en mots, l’autre en photos. A comme Boa ne m’apparaît pas comme notre création à toutes les deux, mais comme dit le poète Wordsworth, « The child is father to the man ».  Ce livre est notre Maternité cosmique.  Chacun s’en sentira l’enfant, « assis parmi les bêtes et parlant toutes les langues ».

Agnès Thurnauer

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