Vivants, singuliers, poétiques… Les premiers pas de ThalieLab

La vie a repris son cours au numéro 15 de la rue Buchholtz, à Bruxelles. Le temps d’un week-end, les sols ont été foulés par un public avide et curieux de nouvelles expériences, tandis qu’un parfum d’utopie régénérant envahissait les lieux. Une nouvelle aventure a commencé. C’était les 7 et 8 octobre. Après un an de travaux, la maison construite dans les années 1920 rénovée par le binôme belge Creyf/Vandeenckenout, a ouvert ses portes le temps de laisser entrevoir ce que sera le ThalieLab en janvier prochain, un véritable laboratoire de pratiques artistiques collaboratives, doté d’une résidence et d’une programmation de masterclass, séminaires, workshop…

Ce nouveau lieu dédié à l’art contemporain se veut différent d’un espace d’exposition. “Plutôt que de montrer de l’art, nous allons faire de l’art” confie Nathalie Guiot à l’origine de cette initiative.

L’objectif sera d’accompagner des formes artistiques alternatives en lien avec les problématiques sociétales, à la manière d’un incubateur artistique.

En guise d’introduction, les artistes Grace Ndiritu, Elena Mazzi et le duo Louise Hervé et Chloé Maillet, sélectionnés pour la première résidence, ont chacun présentés leur projet autour du premier thème choisi, celui des Identités et territoires.
Ces deux journées de pré-ouverture ont été rythmées par une série de performances “coup de poing”. Subversif et plein d’humour, arpentant la maison encore en chantier, Alex Cecchetti (Italie) proposa une visite des lieux sur le thème dantesque du paradis et de l’enfer, convoquant ses poètes favoris à l’instar de Pablo Neruda ou de Pasolini… L’intrusion musclée du couple de performeuses, les New Noveta (Royaume-Uni), fit trembler les murs et les âmes… Radicale, la performance dansée imaginée par la vidéaste Rachel Monosov (Russie) et d’Admire Kamudzengerere (Zimbabwe), sur une musique Live de Philipp Rhensius & Adam Ben-Nun (INRA), offrit quant à elle une mise en scène à la fois poétique et politique illustrant la notion de gender et des formes d’exclusion qu’elle peut induire.

Enfin, une chute âpre et brutale qui se passa de tout commentaire. “Il nous faut trouver le sommeil là-dedans, dans l’océan…” , lecture performée de Julien Creuzet clôtura le programme, un brin mélancolique, inspirée par la pensée archipélique d’Edouard Glissant.

Nous étions durant ces deux jours sur un territoire vivant, politique et en devenir…

Rendez-vous fin janvier 2018 pour assister à la restitution publique des premiers projets des artistes en résidence.

Pauline Vidal
, correspondante